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Lettre ouverte - Mobilisation citoyenne pour soutenir les aires marines protégées de Polynésie française

  • 17 juil.
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 juil.


Après quinze ans d’études, de concertation et d’engagements publics, le temps est venu de passer des déclarations à l’action.



Pourquoi cette lettre ouverte ?


Après plus de quinze ans de travaux scientifiques, de consultations publiques et de mobilisation citoyenne, la Polynésie française a engagé l'une des plus importantes initiatives de protection de l'océan au monde.


Aux Australes, aux Marquises, aux Gambier et dans les îles de la Société, ces aires marines protégées sont désormais une réalité. Elles reflètent une vision portée au fil des années par les communautés locales, les élus, les pêcheurs, les associations, les scientifiques et des milliers de citoyens.


Aujourd'hui, un nouveau chapitre commence. Ces engagements doivent maintenant être pleinement mis en œuvre, suivis dans la durée et transmis aux générations futures.


Cette lettre ouverte est un appel à poursuivre cet élan collectif et à soutenir la mise en œuvre des aires marines protégées de Polynésie française.


Si vous partagez cette ambition, rejoignez l'appel et signez la lettre ouverte.



Quelques chiffres :

  • Plus de 15 ans de travaux scientifiques, de concertation et d’engagements publics

  • Plus de 500 réunions et consultations documentées

  • Plus de 400 références scientifiques et plus de 100 études mobilisées

  • Plus de 25 000 signatures de pétition pour les projets d’AMP des Australes et des Marquises

  • 92 % des Polynésiens soutiennent les projets d'AMP

  • 30 % de l'océan polynésien bientôt sous protection stricte



Lettre ouverte :


Soutien aux Aires Marines Protégées de Polynésie française


Après quinze ans d’études, de concertation et d’engagements publics, le temps est venu de passer des déclarations à l’action.

Nous, associations, collectifs, pêcheurs côtiers et artisanaux, représentants culturels, scientifiques, centres de recherche, établissements scolaires, entreprises, citoyens et organisations engagées pour l’avenir de la Polynésie française, appelons à soutenir la création et la mise en œuvre effective des nouvelles aires marines protégées de Polynésie française.


Malgré nos différences de sensibilités et de priorités, une conviction largement partagée nous rassemble : en 2019 comme en 2024, deux sondages successifs réalisés par l'institut indépendant Alvea Consulting ont montré que plus de 9 Polynésiens sur 10 souhaitent une meilleure protection de leur océan et soutiennent les projets de grandes AMP des Australes et des Marquises.


Notre océan est un patrimoine commun, vivant et irremplaçable. En prendre soin est une responsabilité collective, qui dépasse les sensibilités politiques, les archipels et les générations. C'est à ce titre que nous nous rassemblons aujourd'hui.


Après quinze années d’études, de concertation, de mobilisation citoyenne et d’engagements publics portés par les gouvernements successifs de sensibilités politiques différentes, les projets d’aires marines protégées de Polynésie française deviennent enfin réalité. Le temps n’est plus seulement aux déclarations. Il est désormais à la mise en œuvre concrète.


Notre soutien porte sur l’objectif de protection, sur les principes qui fondent ces AMP et sur leur mise en œuvre effective, transparente et concertée. Il ne constitue ni un soutien politique général ni un blanc-seing sur chacune des modalités retenues.


Une demande venue des archipels


Ces aires marines protégées n’ont pas été imposées : elles ont été demandées. Elles sont le fruit d’une vision portée de longue date par les communautés des archipels, les élus, les associations, les pêcheurs côtiers, les représentants culturels et de nombreux citoyens attachés à leur océan.


Aux Australes, les communes ont demandé dès 2014 la création d’une grande réserve marine de 1 million de km2, qu’elles ont baptisée le Rāhui Nui nō Tuha’a Pae comme une extension de leur rāhui traditionnel pour la préservation des espaces maritimes du large. Aux Marquises, la CODIM et la population ont proposé au gouvernement en 2018 la création d’une grande aire marine protégée de 430 000 km2, Te Tai Nui a Hau – l’océan de Paix, comme une vision marquisienne de la protection de l’océan fondée sur la culture, la biodiversité et la transmission. Les Gambier et la Société ont depuis exprimé, chacun à leur manière, leur propre vision de la protection de l’océan.


L’impulsion et les demandes sont celles des Tavana, des Hakaiki, des pêcheurs et des communautés qui les ont portées à travers des délibérations publiques, des courriers officiels et des prises de position. Comme c'est le cas ailleurs dans le Pacifique et dans le monde, ces démarches ont été accompagnées par des partenaires scientifiques, culturels et institutionnels – locaux, nationaux et internationaux – qui ont soutenu des travaux de recherche, des expéditions et des actions de sensibilisation. Ces partenariats sont publics, documentés et assumés depuis l'origine.


Une démarche fondée sur la science et la concertation


Ces projets s'appuient sur une base scientifique et une démarche de concertation parmi les plus abouties jamais menées en Polynésie française sur un sujet environnemental. L'ensemble des travaux, études, consultations, annonces et délibérations est public et consultable.


Sur le plan scientifique, la méthodologie mobilisée repose sur les meilleures données disponibles : plus d'une décennie de recherches, d'expéditions scientifiques et culturelles, d'inventaires écologiques, d'études socio-économiques, d'analyses de données de pêche, de consultations publiques et de contributions locales. Ces travaux décrivent des écosystèmes marins parmi les plus remarquables du Pacifique : biodiversité unique, espèces menacées, corridors migratoires pour les thons, requins, raies, tortues et cétacés, monts sous-marins et habitats essentiels à l’alimentation et à la reproduction, et réservoirs de biodiversité pouvant jouer un rôle de refuges climatiques.


Sur le plan citoyen, la démarche s'est appuyée sur une mobilisation d'une ampleur inédite : réunions publiques, ateliers participatifs, échanges avec les parties prenantes, pétitions, manifestations, conférences, productions audiovisuelles, actions de sensibilisation, événements régionaux et enquêtes d’opinion.


Quelques chiffres clés

  • 15 ans de démarches, de science, de concertation et d’engagements publics portés par les gouvernements successifs de sensibilités différentes.

  • Des travaux scientifiques d’envergure menés notamment par les services de l’Etat et du Pays, les centres de recherche locaux et de nombreux scientifiques locaux et internationaux de renom.

  • Plus de 400 références scientifiques et techniques mobilisées.

  • Plus de 100 études, évaluations et expertises recensées.

  • Plus de 500 réunions, ateliers, missions et consultations documentés, dont environ 100 réunions publiques, et 25 processus de consultation et instances de gouvernance organisés ou programmés entre 2024 et 2026 dans les quatre archipels concernés.

  • Plus de 25 000 signatures de pétition cumulées en soutien aux projets des Australes et des Marquises.

  • 92 % des Polynésiens soutiennent les projets d’AMP selon un sondage indépendant réalisé en 2024, confirmant les résultats d’un sondage précédent mené en 2019.


Protection et pêche : un objectif commun


Nous entendons les inquiétudes exprimées par certains acteurs, notamment de la filière pêche hauturière, sur les zonages, les modalités de mise en œuvre et les mécanismes d'accompagnement. Ces questions sont légitimes et méritent des réponses concrètes, construites dans le dialogue.


Nous reconnaissons tous l’importance de la pêche hauturière pour notre économie, notre alimentation, l’emploi et la vie maritime polynésienne. La Polynésie française peut être fière de son modèle de pêche fondé sur une flotte hauturière locale, une gestion raisonnée des ressources et des pratiques reconnues parmi les plus durables du Pacifique.


Les nouvelles AMP ont été conçues comme un compromis : protéger certaines de nos eaux les plus préservées et les plus éloignées, ainsi que des zones importantes pour la culture et la pêche artisanale côtière autour des îles et des monts sous-marins. Ensemble, elles couvrent 30 % de la zone économique exclusive. Les 70 % restants, près de 3,5 millions de km², dont l’essentiel des zones actuellement exploitées, restent ouverts à la flotte polynésienne.


La protection de l’océan et le maintien d’une pêche durable ne sont pas des objectifs contradictoires. Ils sont complémentaires. Les poissons ne s’arrêtent pas aux limites tracées sur une carte. Selon les nombreuses recherches aujourd’hui disponibles, les aires marines protégées efficaces contribuent à la résilience des écosystèmes marins et des ressources disponibles pour les pêcheurs dans les zones voisines. Une aire marine protégée n’est pas un mur construit contre la pêche : c’est une réserve de vie sur laquelle la pêche durable peut s’appuyer. Une protection efficace ne bénéficie pas seulement à l’océan ; elle contribue aussi à préserver l’avenir des pêcheurs et des communautés qui en vivent.


Des annonces à la mise en œuvre


La création d’une aire marine protégée n’est pas une fin en soi. C’est le début d’un nouveau travail. Ces espaces ont désormais besoin de plans de gestion et de suivi efficaces, d’une gouvernance claire, d’une participation continue des communautés qui les ont demandés, et de financements durables, mobilisés dans un cadre transparent et sous pilotage polynésien. Sans cela, ils ne seraient que des lignes sur une carte.


Nous appelons donc les associations, communes, établissements scolaires, entreprises, scientifiques, représentants culturels, pêcheurs, confessions religieuses, sportifs, artistes, acteurs du tourisme, influenceurs et citoyens à exprimer publiquement leur soutien à la mise en œuvre des aires marines protégées de Polynésie française.


Nous sommes un peuple de l’océan, petit par nos îles mais immense par notre espace océanique. Il nous appartient désormais de faire de cette ambition une réalité : pour notre océan, pour nos ressources, pour nos cultures et pour les générations futures.


Appel à signature

Nous soutenons la création et la mise en œuvre des aires marines protégées de Polynésie française parce qu'elles sont le fruit d'une vision portée par les Polynésiens, fondée sur la science, la concertation et le respect de notre héritage culturel et naturel.

Nous affirmons notre volonté de transmettre aux générations futures un océan vivant, productif et préservé.



« Chaque signature compte pour montrer que les Polynésiens restent mobilisés en faveur de la protection de leur océan et leurs aires marines protégées. »




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