Pourquoi gâcher la vallée de Faaroa ?

March 14, 2019

 

Pourquoi mettre un Centre Enfouissement Technique (CET) au milieu de la caldeira de l'île de Raiatea, zone au potentiel éco-touristique déjà fort aujourd'hui, avec des sentiers de randonnées existants ou en projet et reconnue pour avoir la plus grande remontée de rivière navigable de Polynésie française ?

C'est le projet de la communauté de communes des Iles Sous le Vent "Havai" sur une parcelle de 28 ha du domaine public de Faaroa qui appartient au Pays .

 

Une verrue dans un paysage jusque là préservé

 

Certes, Raiatea a besoin d'un circuit sérieux de traitement de ses déchets car il y a trop de décharges sauvages aujourd'hui et la mise en place d'un CET (à l'étude depuis de nombreuses années) est, sans nul doute, un moindre mal.

 

Mais n'y a t il pas d'alternative au site retenu ?

N'y a t il pas  d'autre choix que de mettre un CET précisement dans cette vallée et qui appraitra comme une grosse "pustule" dans le paysage, verrue peu esthétique, qui sera vue depuis le belvédère et les points de vue des sentiers de randonnée, puisque l'étude d'impact met bien l'accent sur la visiilité des futures installations. 

 

 

 

N'y a t il pas d'autre choix que d'inclure dans cette future zone industrielle les fameux "gabbros", ces roches cristallines  qui marquent l’emplacement de deux cheminées volcaniques principales. Ces énormes blocs, mis à nu par l’érosion et modelés par la pluie, sont rares et présentent un certain caractère esthétique et, par conséquent, un intérêt touristique.

 

 

La parcelle affectée au CET comporte également à proximité une source d'eau gazeuse et une zone de baignade en aval.

Ci-dessus, les futures installations dessinées en formes géométriques sur la zone.

Les zones rouges sont celle du Plan de Prévention des Risques signalant un alea de  fort mouvement de terrain.

Les ronds blancs représentent les gabbros; et les étoiles blanches sont des espèces patrimoniales (flore); quant aux 2 triangles blancs à l'envers (sur la partie droite, en bas et en dehors du site), ils représentent la table en pierre et la source d'eau gazeuse.

 

La zone la plus puvieuse de l'île

 

Un CET est le dernier outil de la filière du traitement des déchets, les déchets ultimes, ceux qui restent après recyclage,  les dangereux et  les autres, dont on ne sait pas quoi faire (pneus, etc.. ). 

Un CET c'est un casier un trou, où l'on stocke ces déchets, mais aussi une piscine, les géotextiles étanchèiffiants le casier, l'eau de pluie va le remplir, ce qui va nous donner du lixiviat ( jus de poubelle toxique.) tout cela traité par une station d'épuration, qui rejette de "l'eau claire" dans le milieu naturel.

Le meilleur site pour l'implantation d'un CET se situe dans la partie la plus sèche d'une île, simplifiant l'épuration des rejets, et au plus près du gisement de déchets pour réduire les frais de transport et les risques.

L'expérience de Tahiti, Paihoro est l'exemple même de l'incohérence où nous mènent trop souvent les dirigeants politiques. La presqu'île est l'endroit où il pleut le plus, et qui est le plus éloigné du gisement ! 

 

Maintenant, n'allons pas imaginer que le CET va résoudre le problème des déchets, le plus important est à venir, le TRI, la qualité du tri est primordial pour mettre le moins possible de déchets dans le CET, ceci réduisant les coûts. C'est le travail sur lequel les maires de Raiatea doivent se concentrer.

A Tahiti-Paihoro, 80% des déchets se trouvant dans les nombreux casiers, ne devraient pas être là ! Les communes faute de moyens et d'autorité auprès des populations, ne répondent pas à la qualité du tri nécessaire à une bonne gestion des déchets. 

Le CET est une réponse " continentale ", des Pays qui possèdent de grandes étendues de terre planes.

 

Le site de Faaroa en plein dans la caldeira ne semble pas être le bon "spot" car non seulement il constitue un domaine non urbanisé avec un potentiel "vert" (paysage agricole alterné de forêts) mais c'est aussi là où il pleut le plus (à tel point que des oitures sont envisagées au dessus des casiers) et avec de surcroit une très faible perméabilité des sols.

 

Manque de transparence sur les critères du choix du site

 

Depuis 2016, il a été question de 15 sites potentiels puis 3 sites "favoris", sans que jamais les détails de ces sites n'aient été fournis, ni les critères pris en compte. 

Où est cette étude? Malgré les demandes réitérées de l'association locale VAIAVA, nous n'avons aujourd'hui aucun élément suffisamment concret (autrement dit, "une analyse multi-critères" ) qui vient démontrer que ce site est le meilleur choix à faire.

Le seul argument trouvé officiellement est le fait qu'il s'agit d'une propriété foncière publique , quasiment sans riverains..N'était ce pas pour cela que le Pays a acquis le domaine de Faaroa : en faire une réserve agricole et forestière non urbanisée ?

Imagine-t-on les prochains CET  à Papenno, au milieu de la caldeira de Tahiti ou alors au domaine de Opunohu?

 

Ce manque de transparence ne peut aujourd'hui que mettre encore plus en colère les opposants au projet. 

 

 

Espérons davantage de discernement dans les recherches de sites en cours pour les îles de Tahaa, Huahine et Maupiti et davantage de concertation avec la population, la société civile  et le milieu associatif .

 

 

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