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  • Photo du rédacteurTe Ora Naho

Etat des lieux des rāhui et des ZPR sur l'île de Tahiti

Dernière mise à jour : 15 avr.

La pêche lagonaire joue un rôle central dans l'économie et la culture polynésienne. Les écosystèmes récifo-lagonaires de l'île de Tahiti, qui concentre 70% de la population polynésienne, sont soumis à de multiples pressions anthropiques telles que la surpêche, la pollution ou le changement climatique.


Couverture du rapport réalisé par la FAPE - Te Ora Naho.


Depuis plus d'une décennie, les communautés locales observent une diminution des ressources lagonaires et la dégradation des récifs coralliens. En s'inspirant du concept traditionnel du rāhui, plusieurs communes ont mis en place des Zones de Pêche Réglementées (ZPR) dans le but de mieux gérer et protéger leurs ressources marines. Avec le soutien financier du Programme Héritage des océans de Pew Bertarelli, la FAPE - Te Ora Naho a réalisé une étude recensant les 13 zones actuellement réglementées ou/et protégées et les 3 projets de créations de nouvelles zones qui sont en cours sur l'île de Tahiti.


Carte de la répartition des ZPR autour de l'île de Tahiti.

© DRM


La FAPE recommande la création d'un rāhui dans chaque commune de Polynésie française et de protéger 30% de l'océan et des lagons dont 1/3 en protection forte, conformément au nouveau cadre mondial de la biodiversité adopté par l'ONU en 2022.


Aujourd'hui, 5680 hectares sont protégés autour de l'île de Tahiti, soit environ 40% du lagon de l'ile dont 1/3 est interdit à toute pêche. La création d'un réseau de rāhui interconnecté tout autour de l'île permet de favoriser la connectivité entre des écosystèmes marins sains et résilient, d'impliquer la communauté locale dans la gestion et préservation des ressources marines, et de renforcer la sécurité alimentaire de la population locale.


Cet état des lieux a mis en lumière la complexité de la gestion des rāhui et ZPR et les difficultés auxquelles font face les acteurs concernés. Les enjeux majeurs qui ressortent des entretiens concernent le respect des réglementations par les usagers et le manque de moyens mis en oeuvre pour la surveillance des rāhui. La gouvernance des rāhui et ZPR est également complexe.


Peu de suivis scientifiques ont été réalisés à ce jour principalement par manque d'argent et de compréhension de l'intérêt des suivis réguliers. De plus, les suivis réalisés ont montré des méthodologies différentes ce qui complique la compréhension des résultats. Enfin les résultats sont difficilement accessibles et ne sont pas centralisés par une entité de gestion. La réalisation de ces suivis scientifiques reste essentielle pour suivre l'évolution des écosystèmes marins, évaluer l'efficacité des mesures de gestion et de protection établies, apporter des outils d'aide à la décision aux comités de gestion et ils permettent finalement de renforcer la crédibilité et la légitimé des rāhui et ZPR pour la protection des ressources marines.


Malgré les problématiques rencontrées dans la gestion des rāhui et ZPR, il est ressorti des entretiens réalisés une réelle volonté de protéger les ressources lagonaires. De nombreux pêcheurs témoignent aujourd'hui des bénéfices de ces mesures de gestion et de protection.


Séminaire rāhui ayant eu lieu le 20 octobre à Papeari.

© FAPE - Te Ora Naho


Les résultats de cet état des lieux ont été présentés lors d'un séminaire le 20 octobre 2023, réunissant plus de 80 acteurs du rāhui, gestionnaires, comités de gestion des rāhui et ZPR, pêcheurs, élus, associations de protection de l'environnement et scientifiques. Ce projet a abouti à la création de la fédération des comités et associations de gestion des rāhui et ZPR, Te Marae Mo'a, célébrée par une cérémonie traditionnelle du kava.






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