Le plastique dans notre fenua : Où en est-on ?


Le plastique est une matière très répandue dans nos sociétés contemporaines. C'est une matière facile à produire et à utiliser, ce qui fait que l’on trouve du plastique dans presque tous nos objets du quotidien : emballages, informatique, bouteilles, vaisselle, savates, meubles… On en trouve dans presque tout! Cependant le plastique est une matière qui est très polluante et qui peut mettre des centaines d'années à se dégrader complètement: 10 à 15 millions de tonnes de déchet sont déversées dans nos océans tous les ans.

On estime que notre consommation de plastique en Polynésie française est de 300 tonnes par an, dont 50 à 100 tonnes seraient retrouvés dans nos rivières ou sur nos plages.

Comment est fabriqué le plastique ?

La plupart du plastique est produit à partir du pétrole et entre dans la filière industrielle de la pétrochimie.

Certains plastiques sont produits à base d’amidon de maïs ou autre matière végétale, de cellulose ou de gaz naturel…

Le pétrole est une matière fossile (non renouvelable donc épuisable à terme, faut il le préciser!) extraite des sols. Son extraction est déjà très polluante de base et conduit, dans certains cas, au massacre des forêts et à la fragilisation des sols et des écosystèmes terrestres et marins. De plus, l'exploitation du pétrole est génératrice de gaz à effet de serre qui causent le réchauffement climatique. Le pétrole est également à l’origine de grandes catastrophes telles que les marées noires. C'est une matière hautement inflammable et nocive pour les êtres vivants. Le gaz naturel pose également les mêmes problèmes.

Les plastiques produits à base de matière végétale, ou plastiques biosourcés, pourraient être une solution pour une production plus écologique que le pétrole et le gaz naturel.

Mais attention aux apparences!

En effet, il est important de souligner que cette solution serait plus écologique à condition que la matière végétale soit produite sans OGM ( Organisme Génétiquement Modifié ), sans pesticides et sans détruire les milieux naturels.

Il est également important de souligner que le maîs ou autre végétal (tel que la pomme de terre, le manioc...) expressément cultivé à des fins industrielles, à l'instar des cultures destinées à l'alimentation des animaux d'élevage, entre en concurrence avec les cultures affectées à l'alimentation humaine et avec les espaces naturels ou réserves de biodiversité, puisque sa culture occupe de l'espace en terres. Le plastique biosourcé est considéré comme écologique et durable si la matière première utilisée provient de déchets végétaux, ce qui qui concourt à l'économie circulaire, et s'il est compostable en fin de vie. Nous prendrons ici l'exemple des déchets de cannes à sucre pressées (ou bagasse) qui sont réutilisés pour produire une matière biosourcée qui sert aux emballages, bouteilles et flaconnages.

Enfin, quand un plastique est biosourcé, il n’est pas forcément recyclable ou compostable.

ET s'il est indiqué comme compostable, il faut savoir si son "compostage" peut se faire chez soi (compostage domestique) ou si on doit le faire dans des installations dédiées (compostage industriel), à condition que ces installations existent localement et qu'une collecte spécifique soit organisée (avec les déchets verts ?).

Pour savoir si un plastique est recyclable ou non, il faut dans un premier temps l’identifier.

Comment reconnaître les différents types de plastiques ?

Sans prendre en compte les matières premières, il existe différents types de plastiques liés à leur usage et à la façon dont ils sont produits. Comment les reconnaître? Il existe des sigles ( sortes de logo ) sur tous les produits en plastique que nous utilisons.

Les plastiques des catégories 1, 2 et 5 sont les plastiques les moins dangereux et les mieux recyclés en général, sauf qu'en Polynésie, le recyclage ne concerne que les bouteilles en plastique et encore, en les exportant vers l'étranger.

Tout autre produit en plastique n'est pas recyclé et termine sa course au mieux CET de Paihoro et au pire dans la nature.

L'idéal serait par conséquent d'éliminer entièrement le plastique de nos modes de consommation. Car même s'ils sont recyclables, leur production et même parfois la façon dont ils sont recyclés polluent et leur transport vers les pays de recyclage ont un coût économique et un coût carbone...

Dans cet objectif de réduire la consommation de plastique, la Polynésie Française a édité sa première loi sur le plastique.

Une loi qui réduit l’usage du plastique dans nos îles de Polynésie a été adoptée le 14 mai 2020 par l’Assemblée de Polynésie française (Loi de Pays 2020-8 LP/APF). Codifié dans le code de l'environnement aux articles LP 4000-1, LP 4213-1, LP 4214-1, LP 4214-2 , LP 4214-3, LP 4214-4, LP 4214-5 et LP 4214-6.

Que nous dit en substance cette loi ?

1) Elle définit certains termes et construit une base législative.

2) Elle incite, pour limiter à la source tous les articles en plastique, à rechercher des alternatives 100% biodégradables.

Bonne nouvelle ! En effet, l'article 4214-1 encourage les professionnels et les particuliers à remplacer le plastique par des alternatives 100% biodégradables et permet de prendre des mesures législatives ou réglementaires afin de mettre en place des alternatives au plastique.

3) Elle permet au client d’apporter ses propres contenants en cas de service à la coupe ou en vrac, sous condition d’hygiène.

4) Elle interdit certains plastiques ainsi qu’il suit:

I. Le plastique oxo-fragmentable est interdit

Qu’est-ce qu’un plastique oxo-fragmentable ?

Définition par l’ADEME : les plastiques dits « oxo-dégradables », « oxo-biodégradables» ou « oxo-fragmentables » sont fabriqués à partir de polymères traditionnels auxquels sont ajoutés des additifs oxydants minéraux favorisant leur dégradation en morceaux plus petits (même invisibles à l'œil nu). Généralement utilisés pour des produits à courte durée de vie (sacs de caisse, emballages…), ces plastiques se fragmentent, sous certaines conditions (lumière, chaleur