Schéma d'Aménagement Général de la Polynésie


Notre fédération se félicite que le Pays adopte enfin une vision à long terme en se dotant d'un outil structuré dit Schéma d'Aménagement Général ou SAGE.

Il s’agit d’une avancée certaine pour notre fenua.

Il vient d'être soumis à une enquête publique.

Nous saluons les propositions concrètes de préservation de zones naturelles, des rivières, des littoraux, des paysages, des espèces…etc inscrites dans la » Trame verte et bleue »

Nous saluons aussi un certain nombre de principes directeurs tels que la protection des rivières :

"Le SAGE recommande de revaloriser le rôle des rivières comme trame verte et bleue et de cesser de soutenir une approche purement hydraulique réduisant de fait certaines d'entre elles à de simples caniveaux. Le SAGE demande que leurs berges doivent faire l'objet d'une reconquête intégrée depuis leur source jusqu'au lagon.... Il demande également de ne pas prélever de matériaux de construction ni de construire dans leur lit, de préserver ou replanter la végétation sur leurs berges et sur les pentes de leur bassin versant afin de limiter l'érosion et la pollution terrigène des lagons en aval."

Fin des extractions en rivière ? Le ballet des excavateurs et camions continue

ou encore la gestion des littoraux :

"Il est nécessaire de repenser en profondeur les modes de gestion et d'aménagement des littoraux. Il s’agit avant tout d'éviter leur urbanisation et leur remblaiement. D’autre part, il conviendra de privilégier une gestion souple du trait de côte et des solutions de « génie écologique » intégrant les processus hydro sédimentaires et biologiques naturels. "

Fin de l'urbanisation des côtes et des remblais ? La marina en béton de Tevaitoa en est un contrexemple

Cependant,ce schéma préconise des aménagements qui ne respectent pas les règles posées, sous couvert du principe dit « d’utilité publique avérée » qui devrait primer « en l’absence d’alternative ».

Parce que des alternatives existent, nous avons demandé à ce que soient retirés du SAGE quelques projets qui détruiront irrémédiablement notre nature et contredisent absolument les principes affichés d'un développement durable, et nous citons ici :

-

Makatea Nauru

-l'exploitation de phosphates et concassage du plateau calcaire de Makatea, île classée en conservation prioritaire par notre Direction de l'Environnement.

-la route du sud dite LOPT à Tahiti

-le CET de Raiatea sur le site envisagé de Faaroa, qui est un site classé en conservation haute par notre Direction de l'Environnement alors que d'autres sites d'implantation sont possibles

-la marina pour 110 voiliers à Raiatea sur le site envisagé de Tevaitoa alors que des sites déjà abimés par d'anciennes extractions de corail sont utilisables

Plateau Tahiti Vallée de Faaroa Bord de mer de Tevaitoa

Parce qu’ils sont d'envergure, nous avons demandé la plus grande vigilance et une solide garantie de haute qualité environnementale pour les projets suivants:

-la ferme aquacole industrielle de Hao

-le Village Tahitien à Punaauia

-la zone biomarine de Faratea à Taiarapu-Est

Pour l’économie bleue :

Parce que l’aquaculture est une activité dont le développement intensif est envisagé pour la Polynésie et que nos lagons sont des milieux fragiles, nous demandons à que toutes les exploitations soient soumises à des exigences de durabilité précisément définies et que le concept de perliculture durable soit également introduit.

Parce que le doublement des prélèvements de la pêche hauturière (celle du thon en particulier) est un objectif, son impact sur la pêche côtière artisanale doit être étudié et contrôlé.

Afin de préserver la biodiversité et la régénération de toutes les espèces marines, nous avons demandé que le principe de réserver un minimum de 30% de notre Zone Economique Exclusive et une partie de nos lagons à une protection totale (zéro pêche) soit inscrit au SAGE.

Pour l’économie verte:

Parce que le pôle du grand Papeete concentre désormais trop d’activités, nous demandons une décentralisation économique et verte, vers les îles et vers le monde rural où se trouvent les vraies richesses du Fenua (capables d’assurer sa sécurité nutritionnelle et de contribuer à redresser sa balance commerciale).

Si le SAGE prévoit pour tous les archipels une diminution des intrants et traitements pesticides, nous estimons cet objectif frileux et demandons un Plan réaliste de transition (progressive) vers l’agriculture biologique.

Plantation de pandanus à Rurutu

Pour les services publics environnementaux :

Nous demandons une volonté politique forte avec davantage de moyens pour assister techniquement et financièrement les communes en matière d’assainissement collectif ou individuel (dont la déficience est un facteur conséquent de pollution des lagons et de mortalité des récifs coralliens) et de traitement des déchets.

Pour les déchets, la réduction intensive à la source, l’incitation forte au compost, le tri, la mise en place d’une véritable économie – source d’emplois- dans la réutilisation/ la réparation et le recyclage, l’interdiction du plastique et autres mesures réductrices… sont à généraliser car nous ne pourrons pas faire de l’enfouissement indéfiniment. L’aménagement de déchetteries adossées à des recycleries

devra être une priorité partout et pas seulement « à concrétiser en fonction des disponibilités en foncier ».

Pour la prévention des risques :