SURVEILLONS LA MANGROVE DE POLYNESIE FRANCAISE ENSEMBLE !

 

Nicolas Hulot a annoncé lors du lancement du Plan climat, le 6 juillet 2017, un projet de budgets participatifs. La FAPE a candidaté à cet appel à projet "Mon projet pour ma planète". Le projet de la FAPE « Surveillons la mangrove de Polynésie française ensemble », un des lauréats de cet appel à projets, est aujourd’hui soutenu par l’Agence Française pour la Biodiversité.

Le contexte

L’espèce de palétuvier Rhizophora stylosa, naturellement absente de la Polynésie française, a été introduite à Moorea en 1933 à des fins économiques. Cette espèce s’est depuis largement propagée non seulement à Moorea, mais également sur 5 autres îles de l’archipel.

Dans les années 1980, un débat scientifique s’est ouvert car le Service de Développement Rural (SDR) local voulait éliminer les mangroves introduites à Moorea. Le débat n’a jamais été tranché, tandis que la colonisation par les mangroves continue. Aujourd’hui, le Rhizophora stylosa n’est pas classé au rang des 39 espèces de plantes envahissantes menaçant la biodiversité du Pays mais sa propagation est surveillée par le CRIOBE.

Afin de déterminer si on assiste ou non à un remplacement des écosystèmes littoraux naturels (« submangroves ») par de la mangrove, l’Université de Nantes va conduire une étude d’analyse spatiale par Florent Taureau, spécialiste en télédétection. Étant donné la surface minime de l’étendue des mangroves sur certaines îles, la méthode retenue pour le projet est la photo-interprétation des images satellites.

Cette analyse spatiale doit être complétée par un travail minutieux de terrain dont nous vous comptons les détails dans la suite de cet article.

Ces six îles sont: Tahiti (presqu’île), Moorea, Huahine, Raiatea, Tahaa et Bora-Bora.

Rôle des mangroves

Le sujet des espèces exotiques envahissantes est une problématique particulièrement importante pour les territoires d’outre-mer y compris en Polynésie française.

L’espèce de palétuvier Rhizophora stylosa est une espèce introduite (exotique) en Polynésie française mais elle n’a pas été traitée comme espèce exotique potentiellement envahissante jusqu’à présent du fait d’un manque de consensus scientifique sur la démarche de gestion à adopter.

En effet, dans les autres territoires d’outre-mer, les mangroves remplissent des fonctions écologiques et rendent des services eco-systémiques importants. Elles apportent notamment une protection côtière, permettent de lutter contre l’érosion et jouent un rôle de nurserie pour les poissons coralliens.

Ainsi, il est très important pour le territoire de déterminer si les mangroves ont un impact socio-économique positif ou négatif alors qu’elles continuent à s’étendre sur les différentes îles de Polynésie française.

Ce projet permettra d’exercer une veille et de répondre partiellement à ces questions pour aider les décideurs à adopter une démarche de décision éclairée pour le bien-être des populations des îles (bénéfices socio-économiques et écologiques).

La vérification terrain

Durant trois semaines, Florent, accompagné de la FAPE s’est rendu dans les 6 îles citées plus haut pour effectuer ses vérifications terrain.

La méthodologie est simple : sur la base de la photo interprétation réalisée en amont de la mission terrain, Florent se rend sur chaque point GPS identifié pour vérifier s’il y a bien présence ou non de palétuvier.

Durant des réunions publiques, la population a pu être informée sur ce qu’est la mangrove mais aussi donner son opinion par rapport à cette formation végétale apparue suite à l’introduction des palétuviers par l’Homme. D’une commune à l’autre, ou même d’un voisin à l’autre, les avis divergent : certains considèrent la mangrove comme nuisible (obstruction du passage du vent ou de la vue) quand d’autre s’en servent comme garde manger (pêche au crabe vert, paapaa).

Ces réunions ont également servi à recruter des volontaires pour la surveillance des mangroves et de la biodiversité du littoral.

Finalement, le palétuvier est-il envahissant ou non en Polynésie

française ?

Selon l’INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel), une espèce est considérée comme envahissante si elle rempli les trois critères suivants :

  1. l’espèce a été introduite par l’Homme (volontairement ou fortuitement),

  2. son aire de répartition s’étend rapidement,

  3. son implantation et sa propagation ont des conséquences écologiques ou économiques ou sanitaires négatives (UICN 2000, McNeely et al. 2001, McNeely 2001). 

Pour ce dernier point, rien n’est encore prouvé. Il faut mener des études complémentaires.

Toutefois, un arrêté datant de 1982 prescrit des mesures de protection contre le développement des palétuviers.

Les recommandations de la FAPE :

À la suite de cette étude et de ces missions terrain, les recommandations émises sont les suivantes : 

- appliquer l'arrêté nº1269 pris par le Pays en décembre 1982,

qui prohibe la plantation et la propagation de palétuviers d'une île à une autre,

toujours en vigueur à ce jour,

- ne pas interdire le défrichement de  palétuviers

lorsque celui-ci a un effet néfaste sur la population avoisinante,

- continuer les études sur l'impact possible des palétuviers sur les espèces littorales indigènes,

tout en continuant de surveiller l'évolution des mangroves grâce au réseau d'observateurs.

Et moi, comment puis-je participer au projet ?

Vous pouvez contribuer à la surveillance des mangroves de Polynésie française en utilisant

la nouvelle application smart-phone créée par le ROM (Réseau national d’Observation des Mangroves).

Téléchargez-la sous IOS ou Android en suivant ce lien.

Si vous ne disposez pas de smart phone, vous pouvez télécharger et compléter la fiche terrain

disponible ici  , et nous la renvoyer par mail ou par courrier (informations disponibles sur la fiche).

Elle s’accompagne d’une fiche d’identification des espèces les plus communes du littoral

disponible ici pour vous aider à mieux reconnaître la faune et la flore de cette zone si particulière. 

Des conférences sur la biodiversité du littoral 

Deux conférences ont été organisées par la FAPE avec le même programme:
-17H : Ouverture de la conférence Winiki SAGE-Président FAPE
-17H10: Présentation du Réseau National d'Observation des Mangroves par Anne Caillaud - UICN
-17H30: Les zones humides littorales, mangroves et submangroves dans les îles de la Société par Jean-Yves Meyer - REC
-17H50: L'aménagement du rivage de Moorea de 1977 à aujourd'hui et l'expansion des mangroves par Rakamaly Madi Moussa-CRIOBE-EPHE
-18H10: Présentation du projet "Surveillons les mangroves de Polynésie française ensemble !" par Laëtitia BISARAH- FAPE
-18H20: Télédétection, cartographie des mangroves dans les îles de la Société par Florent Taureau - Université de Nantes
-18H40: Questions & discussions
-19H00: Fin de la conférence

 

                                                                                    La première conférence a eu lieu à Tahiti, à la maison de la culture.                                                                                                                                                Pour la seconde, nous avons été accueillis au CRIOBE (Centre de Recherches Insulaires et                                                                                                      Observatoire de l’Environnement) de Moorea.

Les résultats 

Des réunions publiques de restitutions des résultats ont été menées à Taravao (Tahiti), Huahine et Raiatea en octobre 2019. Dans le même temps, la nouvelle application mobile "ROM" permettant de signaler la présence de palétuviers par tout citoyen a été lancée et a fait l'objet de nombreuses parutions dans les médias. 

Contre toute attente c'est à Huahine suivie de Tahaa et Raiatea qu'on trouve la plus grande surface de mangroves, et non à Moorea où elle a été introduite dans les années 1930.

 

 

 

 

Le projet en bref

  • 4 réunions d'information publiques (Taravao, Bora Bora, Raiatea, Huahine) pour informer la population sur le développement des mangroves et sur la biodiversité du littoral en général ainsi que pour former des bénévoles aux relevés sur le terrain.

  • 4 sorties sur le terrain avec les bénévoles (mise en situation) (Taravao, Bora-Bora, Raiatea, Huahine) 

  • 2 Fiches de relevés terrain mises à disposition des volontaires pour contribuer à la surveillance des mangroves

  • L'intégration des bénévoles polynésiens dans le réseau national d'observation et d'aide de la gestion des Mangroves

  • 3 conférences grand public à Moorea et à Tahiti sur le thème de la biodiversité du littoral avec plusieurs intervenants spécialisés pour la restitution des résultats

  • 1 application smart-phone

  • 3 réunions publiques organisées par la FAPE pour restituer les résultats 

  • Plus de 150 élèves sensibilisés aux mangroves et aux espèces végétales du littoral indigènes

  • 52 bénévoles formés à la surveillance des mangroves.

 

La FAPE remercie chaleureusement toutes les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, au bon déroulement de ce projet : l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature, Comité français), les scientifiques et les experts locaux (Jean-Yves Meyer, Fred Jacq, Jean-François Butaud), le CRIOBE, et bien-sûr les bénévoles, les communes, les associations et les guides locaux ! Mauruuru roa !

Téléchargez :

Galerie photo:

Les partenaires du projet :

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